KikouBlog de Epytafe - Mars 2010
Epytafe

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Archives Mars 2010

Barrières !

Par Epytafe - 25-03-2010 22:51:37 - 6 commentaires

Un jour, je vais me taper une barrière, une belle ! Je ne sais pas exactement comment encore, mais je vais me lâcher ! J’hésite entre plusieurs techniques. Par exemple, une belle barrière en bois, ouvragée, soignée, désherbée par un propriétaire paranoïaque qui craint qu’un étranger piétine un gazon qu’il n’aurait même pas payé, je me vois bien l’attaquer à la hache cette barrière, une belle hache à la cognée bien affutée par mes soins, le fil enlevé à la pierre d’Arkansas huilée…

 

Ou alors, plus rapide mais tout autant jouissif ! Une bête barrière métallique que j’attaquerais à la meule à disque. Rapide mais efficace !

 

A moins que je me la joue à la Soudard ? Version charentaises fourrées et grand imperméable ? Avec un regard lubrique qui dégouline le vice ?

 

Pour le moment, ce sont plutôt les barrières qui me niquent, les barrière horaires….

 

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Esprit Quoi ?

Par Epytafe - 25-03-2010 20:25:37 - 13 commentaires

La notion d’esprit m’a toujours intriguée… Par exemple, je me souviens que morveux, je lisais un Picsou aux alentours du grand barouf’ de fin d’année dans lequel l’esprit de Noël était régulièrement évoqué. Dans un louable idéal pédagogique, les mots esprits de Noël était écrit en gras dans chaque phylactère. Je me rappelle assez précisément m’être demandé, outre le fait que je trouvais bizarre qu’il faille hurler ces trois mots, je venais d’apprendre à lire, ce que pouvait bien signifier ce truc. Pour moi, l’esprit de Noël était déjà clairement défini. Grosse bouffe hypocrite avec des gens sur le dos desquels on avait dégueulé tout le long de l’année finissante, occasion de se mettre une mine bien sévère en pratiquant un savant mélange des genres pour terminer par une muette évaluation des sommes dépensées lors du traditionnel échange de cadeaux, ce qui donnera accessoirement pas mal de matière première pour les futurs costards que l’on se taillera tout au long de l’année à venir. 

 

Vous comprendrez donc aisément que la notion d’esprit trail a éveillé chez moi un sentiment à mi chemin entre le doute et la franche rigolade lorsque l’arrêt de la tabagie m’a amené dans le monde enchanté de la course à pied. Pourtant, le concept m’intriguait quelque peu. Je me suis aperçu qu’un magazine portait ce nom, et surtout, après avoir publié un ou deux CR de course bitumée sur ce site ou sur d’autres, certaines remarques presque hautaines, qui tendaient à me faire comprendre combien je me fourvoyais en me confrontant avec du bitume ont éveillé chez moi un début de curiosité, d’autant plus que je tenais, et tiens encore un ou deux  auteurs de ces remarques susmentionnées en très haute estime. La pratique de ce sport semblant des plus ludiques, une incursion dans le monde merveilleux de la course nature s’avérait donc absolument nécessaire.  

 

Samedi, j’ai pris le départ de l’Eco-trail, à Saint-Quentin. Cette course a tout pour plaire, un environnement nature dans une zone de haute densité de population, la traversée de quelques environnements urbains, une arrivée qui ressemble à un conte de fée (même si je déteste ce déguisement clignotant mode sapin de Noël dont est affublé cette pauvre Dame de fer, le lieu d’arrivée est royal).  L’ajout du préfixe Eco et la signature obligatoire d’une charte éthique promettait au néophyte que je suis une immersion totale dans ce fameux esprit trail, une sorte d’initiation spirituelle en quelque sorte. 

 

Etre un poireau vous éloigne à tout jamais des podiums, vous évite la joie de serrer la main de beaucoup de monde et vous confine dans l’anonymat certes, mais être un poireau vous fait aussi passer en dernier, vous permet donc de contempler les centaines de tubes de gels abandonnés, jetés au profit d’une éventuelle seconde soustraite au chrono final, dans le plus total respect des suivants et surtout dans un louable effort de destruction rapide. 

 

Mais il y a plus grave. Etre un poireau vous égare aussi, vous égare car un nombre énorme de balises se retrouvent dépourvues de leurs parties fluorescentes, réduites à une simple rubalise rouge et blanche impossible à voir dans une forêt noire lorsqu’il pleut comme vache qui pisse (je suis content, j’ai placé un helvétisme).  Je sais, rien ne me prouve que ce sont des traileurs qui ont arrachés ces bouts de plastiques jaunes fluo. Mais je me permets d’émettre cette hypothèse en supposant que d’éventuels débaliseurs auraient arrachés toute la balise et pas uniquement sa partie fluorescente. De plus, le débalisage était particulièrement marqué juste après le contrôle des brassards fluorescent imposé par l’organisation.  

 

Mais peut-être la réponse est-elle là au-dessus, tout simplement ? L’accès à l’esprit trail, serait-il interdit aux poireaux ?  

 

Mais si toi, toi qui a piqué une balise me lit, sache que j’ai trop de respect pour le travail du boss Mathias pour te dire clairement ce que je pense de toi, mais tu devineras aisément, à moins d’être totalement bouché, que ce que je pense de ton action se situe plutôt au niveau de la moitié de mon corps, et plus vers l’arrière….

 

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Izia

Par Epytafe - 18-03-2010 21:10:41 - 3 commentaires

Peu de monde dans cette salle du Fri-Son ce soir là ! Peu de monde mais tous sont agglutinés devant la scène, curieux et attentifs, pressés de voir le phénomène, pressé de s’en prendre plein les esgourdes, pressés de se laisser aller au plaisir pur, animal et sauvage du Rock.

 

Enfin les dernières lumières s’éteignent, enfin le public hurle, enfin ces quelques instants mille fois ressentis, les dernières secondes qui précèdent un concert, celles durant lesquelles tout est encore possible avant que l’on s’emmerde pour 90 minutes ou que l’on connaisse le rare éblouissement de ces notes hurlées, distordues qui te cisaillent les entrailles, t’entraînent loin dans les profondeurs néanderthaliennes de l’instinct.

 

Puis elle arrive, les seuls projecteurs allumés sont ceux sur la scène, au sol, qui éclairent un style de silhouettes qui n’appelle pas forcément à une retraite dans un couvent franciscain. Seule avec sa guitare elle attaque un rock puissant qui subjugue rapidement les rares spectateurs présents avant d’être rejoint par la plus classique et la plus efficace formation jamais inventée, guitare, basse batterie…

 

Débutent alors deux heures de rock énergique et efficace, incisif, hurlé par une voix puissante aux possibilités plus qu’étonnantes. Izia a 19 ans seulement, quelques victoires de la musique dans sa poche et une ascendance certaine. Izia, c’est la fille de Jacques Higelin. Elle a d’ailleurs hérité de son père une propension certaine aux incontinences verbales, seul point négatif du concert, d’après moi, mais d’importance. Une telle musique supporte difficilement tant de ruptures rythmiques, dommage. Mais que ces quelques logorrhées ne vous retiennent pas. Ce serait dommage de louper cette voix exceptionnelle dont elle use sans compter, et ce sourire de gamine épanouie aussi, heureuse d’être en vie et de rocker la moindre…

 

 

 

 

 

 

 

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Paris

Par Epytafe - 01-03-2010 23:24:23 - 13 commentaires

On était parti découvrir la grande ville, en stop. Ce n’était pas notre première grande ville, non, mais ce type d’aventure était tout de même nouveau pour nous trois. J’avais juste 17 ans et je venais de passer quelques mois à Londres, puis quelques autres mois ailleurs aussi. La reprise de la routine dans ma petite Suisse étriquée et bourgeoise m’était quelque peu pénible, alors j’avais décidé de profiter de ces quelques jours de congés pascals pour lever le pouce et tenter de rallier au hasard des automobilistes, la capitale de notre grand voisin, Paris. Je ne connaissais pas du tout cette ville uniquement entrevue au travers des vitres d’un taxi et le long de quelques stations de métro entre deux bisous autant maladroits que mouillés une paire d’année plus tôt lors d’un voyage londonien. Seul subsistait mon étonnement devant la Bastille, moi qui la croyait détruite, étonnement bientôt effacé par le sourire humide de mon obsession de l’époque.

 

J. avait décidé de m’accompagner. J. avait mon âge, récemment arrivé de Johannesburg, ado anglophone égaré dans Lausanne, nous étions vite devenus potes, vu que je pratiquais plus ou moins la langue qui l’isolait tant. Il était venu accompagné de G. nettement plus âgé, un vieux de presque 25 ans, originaire du même tonneau et qui se relevait avec peine d’une année de prison passée dans les prisons de Sudafriquie, soupçonné d’activités communistes en ces temps d’apartheid.

 

L’équilibre se forme vite. Les 2 anglophones derrière et moi devant, au francophone la charge de tenir le crachoir avec le chauffeur et de repousser les éventuels assauts de pervers envoiturés. Le voyage sera plutôt tranquille en fait. Les pervers, ce sera pour plus tard. Quelques voitures, quelques heures d’attente au bord de routes divers et nous voici à Paris vers minuit, avec chacun 100 balles en poche et aucune réelle idée de ce que l’on va trouver.

 

Vite on réalise que dormir dans la rue ne sera pas facile, tant pis, on ne dormira pas. A 17 balais, on est les rois du monde non ? En fait de roi du monde, la grande ville nous saute un peu à la gueule. Les serveurs nous ignorent avec une pointe de mépris et l’on craint un peu les flics, nous sommes mineurs et conscients de l’être. Vers 3 heures du matin, on trouvera refuge dans un café près d’une gare, une sorte de boui-boui souterrain où nous sommes les seuls non-magrébins. Qu’importe, les cafés sont grands, bon marchés et l’accueil est généreux. Revigorés, nous sortons vers 5 heures du mat’ pour aller admirer le soleil qui se lève sur le Louvre. Plus tard, on réussira à grappiller quelques minutes de sommeil dans un bosquet, dans un parc.

 

Le reste du séjour est un peu flou dans ma tête, je me souviens de Champs-Elysées et de notre déception de ne pas y voir que des bombes, de notre deuxième nuit, passée au milieu de clochards aux halles, dans je ne sais plus quel bâtiment. Je me rappelle juste qu’il avait fallut enjamber une barrière et se faufiler dans des structures en béton et que nous n’avons pas beaucoup dormi non plus. Le passage d’un meublé douillet des bords du lac Léman à la fréquentation des SDF parisiens demande plus que 24 heures d’adaptation me semblera-t-il.

 

Rapidement, je remarque que G. est bizarre. Autant ses récits de prisons sud-africaines me fascinent, autant je réalise vite que ce gars n’est pas sain. Il marche à travers Paris, sans ne jamais s’arrêter si ce n’est pour acheter une boite de bière dans une épicerie, voire des clopes. Nerveux, très nerveux, il recherche. Il finira pas m’avouer qu’il n’est venu avec nous que pour retrouver C. sa copine qui l’a quitté il y a deux ans déjà pour déménager à Paris. Solidaires, on essaie d’élaborer une stratégie, de la rechercher dans l’annuaire par exemple, de se renseigner, mais G. ne veut rien entendre, persuadé dans son désespoir que l’on va tomber sur C. au détour d’un feu rouge ou d’un parc.

 

La troisième et dernière nuit sera la meilleure, je propose, audacieusement, d’aller dormir sous la tour Eiffel, argumentant du fait que l’on y sera plus tranquille du fait de sa fréquentation touristiques. En effet, les seuls qui nous emmerderont seront un groupe de teutons en goguette. Royal, nous aurons droit à presque 5 heure de sommeil.

 

Le retour sera calme aussi. Ce ne sera que lors de nos futures escapades que J. et moi-même apprendront à faire avec les conducteurs qui se trompent de leviers de vitesse, avec ceux qui, en échange d’un rail, propose des trucs pas nettes, avec ceux qui sont souls, avec ceux qui nous accueillent aussi, nous laissent le salon et nous demandent juste de laisser les clefs dans la boîte aux lettres après être partis.

 

En novembre, j’ai revu J. dans un avion. Ça faisait presque 20 ans que nous ne nous étions pas revu. Le temps du vol lui permit de m’apprendre que G. était devenu fou. 22 ans plus tard, il la cherchait toujours, toujours la même et logeait donc maintenant à demeure dans un grand hôpital de la région, incapable de faire quoi que ce soit d’autre.

 

Dans 3 semaines, l’Ecotrail… ça me fera plaisir de revoir la tour Eiffel...

 

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